Thangka Târâ blanche

Numéro d’inventaire : 94.1.19 (ancienne collection Jean Mansion, donation Lise Mansion)
Date de création :  Début du XIXe siècle
Lieu de création : Tibet oriental
Matière et technique : Détrempe sur toile
Dimensions (H x L) : 120 x 80 cm

Târâ, dont le nom signifie « la Libératrice », met ses qualités éveillées au service de tous les êtres pour les aider à se libérer du samsara. De sa main gauche, elle tient un lotus rose (kamala, en sanskrit), symbole des passions transformées en compassion et en sagesse. De la main droite, elle fait le geste du don (varada mudra). Târâ blanche est dotée de sept yeux, caractéristique habituelle de ce yidam de méditation, qui symbolisent la réalité purifiée de tous les voiles qui l’obscurcissent et les quatre incommensurables (amour, compassion, joie et équanimité). La représentation principale de Târâ est entourée de cent-huit répliques d’elle-même.

Considérée comme la mère de tous les bouddhas, Târâ est la principale déité féminine de la compassion dans les deux véhicules récents. Née, selon certaines traditions, d’une larme d’Avalokiteshvara, elle est après celui-ci la déité la plus vénérée par les Tibétains. Târâ dispose d’une double nature, relative et absolue. Comme bodhisattva qui secourt les êtres dans toutes les épreuves, elle se manifeste sous sa forme relative. Comme réalité absolue, Târâ incarne l’idéal spirituel de la Prajnaparamita (la sagesse transcendantale). Le culte de Târâ est attesté en Inde au VIe siècle. Connu au Tibet dès le VIIIe siècle, il n’y prend son essor qu’à partir du XIe siècle. À cette époque, Târâ fait l’objet de la rédaction d’un tantra qui lui est propre, traduit en tibétain.

Sous sa forme blanche, Târâ est avant tout une déité de longévité, invoquée pour obtenir une longue vie (propice à l’accumulation des mérites qui mènent à l’Éveil). Elle est également priée pour la guérison des maladies graves.

(Francis Saint-Genez)

[Cliché François Pons]