Tête de Jina

Numéro d’inventaire : 69.1 (don Roquemaurel)
Date de création : VIIIe siècle
Lieu de création : Borobudur (Java)
Matière et technique : Andésite (pierre volcanique), taille directe
Dimensions (H x L x P) : 30 x 23,2 x 25,3 cm

Vers le milieu du VIIIe siècle dans la partie sud du centre de Java s’établit la dynastie bouddhique des Salendra, grands bâtisseurs à l’origine de gigantesques complexes et de la reprise des travaux au Borobudur resté à l’état de pyramide inachevée dédiée à Siva. Ce temple s’élève sur cinq niveaux de plan carré surmontés de trois terrasses circulaires, à la fois stupa et temple-montagne, véritable mandala architectural décoré de bas-reliefs ilustrant la vie du Buddha. Sa transformation complète, tant archiecturale qu’iconographique, s’étendant sur plus d’un demi-siècle rend sa lecture et son interprétation difficiles. La reprise des travaux semble correspondre chronologiquement à l’apparition dans le centre Java du culte des cinq Jina dont les statues sont placées suivant les points cardinaux : à l’est Aksobhya, au sud Ratnasambhava, à l’ouest Amitabha, au nord Amoghasiddhi et dans le sanctuaire central Vairocana.

Cette tête de Jina est exécutée comme la majorité des sculptures de Borobudur en pierre volcanique qui à l’origine était peut-être lissée avec du mortier de chaux. Elle illustre la très grande importance de la représentation humaine au Borobudur et dégage une impression d’extrême douceur dans son modelé et de plénitude souriante caractéristiques de l’art indo-javanais aux VIIIe-IXe siècles.

(d’après Violette Fris-Larrouy, Les collections du musée Georges-Labit, 1997)