Kuniyoshi

Les Moines extraordinaires, Les seize profiteurs : Le saint Bavard

Numéro d’inventaire : 70.3.75 (legs Antoine Labit)
Date de création : Epoque d’Edo (1603 – 1868) ; 1843-1845
Lieu de création : Japon
Matière et technique : Gravure sur bois en couleurs
Dimensions (H x L) : 37,7 x 25,3 cm

Cette femme, prête à allaiter son enfant, est représentée avec un arhat, dans le rouleau en haut à droite. Des jouets (poupée et hochet ?) sont posés devant elle. Sur la droite, on distingue un petit meuble à tiroirs ainsi que du tissu, un mètre et une paire de ciseaux.

Le titre de la série fait référence de façon ironique aux seize arhats, groupe légendaire de 16 saints hommes, prédécesseurs ou disciples du Buddha, considérés comme des modèles de bonne conduite dans le bouddhisme zen japonais. Cette série les met en scène luttant contre les travers humains.

À partir de 1842, le gouvernement militaire des shoguns, soucieux de renforcer la morale publique, prend un ensemble de mesures coercitives visant notamment à contrôler les divertissements populaires. Il est interdit de diffuser des portraits d’acteurs, de geishas et de courtisanes. Le décret précisait : « Dans l’avenir, vous devez sélectionner des dessins fondés sur la loyauté et la piété filiale et qui servent à éduquer les femmes ». Kuniyoshi produit alors des oeuvres satiriques et humoristiques pour détourner la censure. Cette estampe met en garde contre les commérages et la diffamation de la gent féminine, causes de grands préjudices ! Le « saint Bavard », en lutte contre les ragots, tient une paire de tenailles dans sa main, prêt à arracher la langue des menteurs !

(Aude Barthélémy)

[Cliché Rodolphe Carreras]