Horloge Wadokei

Numéro d’inventaire : 015.1.1 (achat)
Date de création : Epoque d’Edo (1603-1868), XVIIIe siècle
Lieu de création : Japon
Matière et technique : Laiton patiné, plomb, fer forgé, bois laqué
Dimensions (H): 85 cm

Les premières horloges occidentales furent introduites en Extrême-Asie au XVIe siècle par les missionnaires. Il s’agissait alors d’horloges lanternes à foliot, le pendule n’ayant été introduit dans les mouvements d’horlogerie qu’au milieu du XVIIe siècle.
Or, à partir de 1635, les shoguns Tokugawa promulguèrent des lois isolationnistes qui privèrent presque entièrement l’empire japonais de contact avec l’Occident.

Cet isolement sonna le glas des apports technologiques, notamment en matière d’horlogerie. Le Japon conserva ainsi, jusqu’à la restauration Meiji (1863), des savoirs horlogers dérivés des connaissances techniques de l’Europe médiévale ou renaissante, même si les horlogers japonais développèrent aussi leurs propres modèles d’horloges.

Les horloges lanternes à foliot, totalement abandonnées en Europe dès les années 1660, restèrent donc d’un usage courant au Japon jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle. Parce qu’elles étaient des objets rares et chers possédés par une élite, elles sont souvent qualifiées de «Daimyo Clock».

Ces horloges ont dû subir des adaptations technologiques par rapport aux modèles européens, afin de s’adapter au système horaire japonais très différent de celui en vigueur en Occident. Jusqu’en 1872, date à laquelle le gouvernement japonais adopta le système horaire occidental, le jour japonais était arbitrairement divisé en six heures de jour et six heures de nuit dont la durée variait nécessairement en fonction des saisons. Chaque heure était associée à un signe du zodiaque.

Comme c’est le cas ici, ces horloges comportaient deux organes de régulation du temps: un foliot pour les heures de jour, l’autre pour les heures de nuit.

(Francis Saint-Genez)

[Clichés Rodolphe Carreras, 2015]