Buddha marchant

Numéro d’inventaire : 79.4.5 (achat)
Date de création : XIVe siècle
Lieu de création : Thaïlande
Matière et technique : Bronze, fonte à la cire perdue
Dimensions (H) : 63 cm

La situation géographique du Siam (actuelle Thaïlande) en fait un carrefour commercial, lieu de rencontre du monde indianisé et du monde sinisé. D’abord soumise à l’influence indienne, les nombreuses écoles artistiques de la période « pré-thaïe », toutes plus ou moins contemporaines et plus ou moins imbriquées, s’inspirent ensuite des arts nôns, indonésiens et khmers selon la prépondérance momentanée de telle ou telle ethnie. L’art ne devient proprement thaïlandais qu’au milieu du XIIIe siècle avec la naissance du royaume et de l’école de Sukhotai (XIIIe – XIVe siècle). L’esthétique du Sukhotai traduit la volonté de représenter le Buddha tel qu’il apparaît dans les textes, dépouillé de toute matérialité. Il est représenté dans toutes les positions traditionnelles mais celle qui caractérise le plus la recherche spirituelle de Sukhotaï est celle du Buddha marchant inspiré vraisemblablement par certaines peintures du Sri Lanka. Le Buddha marchant, peut-être venant des cieux pour aider ceux qui souffrent, peut-être parcourant l’espace pour convertir ceux qui doutent, présente un corps fluide aux épaules larges et à la taille resserrée, mis en valeur par des vêtements dont la transparence renforce l’irréalité, ses mains ondulantes marquant le geste d’absence de crainte (abhaya mūdra)

(d’après Violette Fris-Larrouy, Les collections du musée Georges-Labit, 1997)

[Cliché Rodolphe Carreras ]